‘Six secondes …

La montagne est dense, ce que nous en descendons est dense.

Sur la toile, la montagne est facile. Elle permet à tous de voir, partager, échanger des images, des émotions, des expériences toutes plus belles et intenses les unes que les autres.

Mais voilà que tout se mélange et que tout se dit, voilà que tout se raconte. Comme si tout ce que nous vivions était digne d’intérêt.

Voilà que la montagne sature et que l’homme s’octroie.

Je possède une cave garnie d’inutiles, des milliers d’images dans un coin de mon ordinateur, des millions de mots qui s’entassent aux bords cornés de milliers de pages, en attente de liberté.

Je possède aussi une toile fervente sur laquelle pèsent, de plus en plus lourds, des mots jetés à la volée, garnis d’intolérance.

Pourtant ces mots il faudrait les chercher pendant des heures, les découvrir lentement et, une fois au fond de la batée, les peser comme on pèse l’or : les yeux écarquillés, le cœur en butée.

L’importance perd peu à peu de son intérêt au profit de l’instant.

La difficulté aujourd’hui semble être de ne pas construire que du vent.

Toutes les six secondes, dans le monde, un enfant meurt de faim.

Toutes les six secondes, nos poumons se remplissent au moins une fois de ce monde qui nous entoure.

Peut-on vraiment encore se permettre de contraindre cet instant si précieux à nos simples égoïsmes ? »

Paul Bonhomme.

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