Le Parc National du Mercantour veut-il vider ses montagnes de tous ses bergers ?

Lorsqu’un randonneur visite le Parc National du Mercantour, il peut avoir le sentiment de traverser un paradis entretenu et protégé par une administration et des gardes. Espace protégé, presque sanctuaire, nous pouvons penser que tout est ordonné avec un consensus général des usagers et le respect scrupuleux autant d’une nature que d’une législation orientée vers la protection des milieux dans l’intérêt bien admis de tous. La réalité, pour ceux qui y vivent est bien différente. Mais ça, le randonneur ne le sait pas, ne le voit pas. C’est un des nombreux aspects de la face cachée des Parcs Nationaux avec des particularismes pour chacun d’entre eux. En dehors des articles de presse, personne ne peut se douter du ras-le-bol et de l’exaspération des éleveurs qui, épuisés comme il n’est pas permis de l’imaginer, commencent à quitter cet univers de la protection de la nature ou la vie pour l’homme et ses bêtes devient impossible.

Pour résumer, la vie dans un Parc National n’est pas le paradis pour tout le monde. C’est même un enfer pour beaucoup. Comme pour cet éleveur de la Bévéra qui, samedi, a jeté l’éponge en redescendant après avoir perdu 62 brebis entre mai et juillet sur les 250 qu’il avait. Et encore, il en avait 1200 en 2002…. L’enfer sera-t-il de même un jour pour les randonneurs ?

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Les conflits dans ce Parc ne sont pas nouveaux. L’année 2012 a été celle de tous les records avec un PV pour une réunion cultuelle ou encore un pèlerinage où les ‘shérifs’ dégainent pour reprendre l’expression de l’AFP le 30 juillet 2012. On ne pouvait pas mieux dire lorsque nous voyons ce qui s’est passé avec Didier Trigance où nous nous demandons qui agresse qui et pourquoi. Difficile mise en œuvre de la réforme de 2006 dira Actu-Environnement en avril 2013 en commentant le rapport de la Mission d’appui au parc national du Mercantour établi par le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable. Dans tous les cas une cohabitation difficile avec un parc qui veut imposer l’application stricte d’une réglementation manifestement incompatible avec des activités humaines et une vie normale.

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A Sospel, dans les Alpes-Maritimes, commune ayant voté en faveur de la Charte, le berger J.C (c’est volontairement que nous ne donnons pas le nom de ce berger connu) a monté ses 250 brebis le 25 mai 2013 en montagne, dans le Parc. Il vient d’en redescendre 188 le 13 juillet pour éviter de se les faire toutes manger. Il a eu 20 brebis de tuées dans la semaine. Depuis les attaques de la meute qui a été vue, un couple Alpha et ses deux louveteaux, il a eu 40 bêtes de constatées mortes par les agents, et 22 de disparues qui ne seront jamais indemnisées. Il manque un total de 62 bêtes en quelques semaines. Et ce n’est rien. En 2002, alors qu’il avait à cette époque 1200 brebis, plus de 400 brebis sont tuées du fait du loup. L’an dernier ce sont 150 brebis qui ne reviendront pas et, évidemment, pas toutes indemnisées, les vautours faisant le travail avant que les constats ne puissent être faits. Et chaque année, il réduit son troupeau… de 1200 à 250 brebis en 10 ans… Est-ce de cette manière que le Parc National du Mercantour soutien l’élevage, respecte la législation et des engagements contractuels à travers une Charte ? Il y a matière à s’interroger. Tous ces textes ne seraient-ils pas qu’un leurre qui cache une autre réalité ?


Chien de protection, Patou

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Si nous devions résumer nous dirions que, actuellement, tout est fait pour vider les montagnes du Parc du Mercantour de tous ses éleveurs et berger, alors que le rôle du pastoralisme, pour l’entretien des paysages ouverts et agréables et le maintien de la biodiversité, est reconnu de tous. Le Parc National du Mercantour, donne l’impression de passer son temps à ennuyer les acteurs pastoraux et, si possible les faire partir. Objectif à moitié avoué : revenir à une nature sauvage plus de 2000 ans en arrière comme le préconisent les associations écologiste Férus et WWF. L’élevage n’est pas le bienvenu pour des raisons strictement idéologiques, celle de la deep ecology, l’écologie profonde. Il faut éliminer toutes activités humaines, créer des réserves intégrales comme le prévoit la Charte où, là aussi, les randonneurs seront interdits. Et il y a bien pire encore sur lequel nous reviendrons.

Décidément, ces parcs nationaux risquent de créer beaucoup plus de problèmes qu’il ne paraît dans les prochaines années.

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