Pourquoi les moniteurs de ski sont en rouge presque partout ?

L’ESF, vous connaissez ? Oui oui, l’Ecole de Ski Français. Une enquête approfondie du magasine Society (numéro 75) révèle les dessous d’une fort profitable entreprise qui nourrit bon nombre de montagnard la moitié de l’année. Ah ? Vous pensiez qu’il s’agit d’une organisation publique ? Ben non, l’ESF est bel et bien une structure privée depuis 1937, qui emploie 17.000 moniteurs. C’est peut-être (surement) son logo tricolore qui vous a trompé.

Dans “La guerre du ski”, les journalistes du magasine papier, mais dont une version est accessible en ligne ici (page 38), explique par quel système les hommes et les femmes habillés de rouge règnent sur les pistes de ski françaises.

De quoi comprendre aussi pourquoi la concurrence est si faible dans le secteur des cours pour apprendre à skier. L’ESF bénéficie d’un “quasi-monopole, unique au monde” affirment les auteurs de l’article. “Avec 250 antennes sur le territoire, elle accapare 85% du marché et génère près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel”.

Le rôle du tout puissant SNMSF

La structure appartient au Syndicat national des moniteurs du ski français (SNMSF). Les moniteurs sont des travailleurs indépendants. Pour exercer, ils doivent être adhérents au syndicat, et affiliés à une école locale. C’est elle qui leur fournit les clients et les leçons, contre commission.

Au sommet de la hiérarchie, Gilles Chabert, 65 ans, dont 24 passés à la tête du syndicat. C’est l’homme fort de l’organisation. Hyper efficace, c’est lui qui a grand coup de lobbying est parvenu des années durant à maintenir les privilèges de cette structure. Privilèges qui pénalisent les écoles de ski concurrentes, telle l’École de ski internationale – ESI – avec 1.600 moniteurs recensés en France.

Deux actes de bravoures sont à noter au CV de Gilles Chabert pour préserver les intérêts de l’ESF.

La profession échappe à la règle européenne de libre circulation des travailleurs

D’une part une dérogation au traité de Rome pour les moniteurs de ski français, “dont la profession devient alors la seule à échapper à la règle européenne de libre circulation des travailleurs. Depuis, pour exercer en France, les instructeurs autrichiens, allemands ou italiens sont obligés de repasser leur diplôme. Tellement bluffant qu’on lui a même demandé de venir parler de ses techniques de lobbying à l’ENA. En France, son influence est immense”.

Autre tour de force, “En 2004, il obtient une loi taillée sur mesure pour le SNMSF, qui interdit à toute structure de moins de dix salariés d’embaucher des jeunes, empêchant de facto les petites écoles concurrentes de se développer”.

Désormais donc vous le saurez. Si vous voyez autant de pulls rouges sur les pistes des stations de France, c’est à cause de tout cela !

2 Commentaires

  1. Oui l’esf c’est une grosse machine, oui elle fait travailler un grand nombre de moniteurs ( et alors?)
    Oui l’ENSA a protégé le diplôme classé comme activité à risque et demande à certains moniteurs de la Ce de passer une partie du diplôme français. Attention. C’est pas les rouges c’est l’ENSA et ça protege le be ski.
    Et si les écoles parallèle ont le droit d’embaucher des jeunes sans aucun soucis à condition d’être diplômé.
    Attention Guillaume S de ne pas divulguer n’importe quoi!
    Didier C

  2. Je crois que celui qui a écrit cet article est mal informé ou n’a rien compris.
    Un journaliste sérieux prendrait le temps de vérifier ses sources et d’avoir compris le contenu.

    Par exemple,et concernant les jeunes : une Ecole (qu’elle quelle soit: ESF, ESI,autres …) peut faire travailler n’importe quel moniteur diplômé (DE ski). Concernant les moniteurs stagiaires (en cours de formation), ils peuvent aussi travailler dans n’importe quelle Ecole, pourvu qu’elle soit reconnue comme “centre de formation agréé” (composée de plus de 10 diplômés).

    Il y a d’autres points faux ou mal compris dans cet article, qui mériteraient d’être corrigés !

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