Ueli Steck : la Face Sud de l’Annapurna

Nous vous en faisions part il y a quelques jours, Ueli Steck vient de réaliser la face Sud de l’Annapurna en solo par un nouvel itinéraire.

Un laconique SMS envoyé à son retour au camp de base annoncait la nouvelle.
Depuis quelques années, le nom de Ueli Steck est associé à des ascensions en des temps incroyables d’itinéraires de haute difficulté.
On se rappelle entre autre en 2007 de la face Nord de l’Eiger (3970) avalée 4h40.
L’alpiniste Suisse a transposé son savoir-faire en Himalaya et c’est en seulement 28h qu’il a avalé la gigantesque face Sud de l’Annapurna.

Un post sur son blog, quelques images, un message à son sponsor. Mais nous avons encore peu d’infos sur cette ascension.

En 1960, Chris Bonington parvenait au sommet de l’Annapurna II (7937m) et observait la face qu’il décrivait ainsi en 1971 dans l’
American Alpine Journal, ‘Depuis l’endroit où nous nous trouvions, nous pouvions observer la silhouette de cette face si large et raide que toute ascension en semblait peu probable‘.
Malgré ses difficultés apparentes l’ ‘Annapurna n’a jamais pu être décrite comme une belle montagne,’ écrivait Bonington plus tard dans
Annapurna South Face : The Classic Account of Survival. ‘Elle n’a pas de forme ou silhouette définie. C’est comme le corps d’un grand poulpe, ses tentacules de sommets secondaires jetés pêle mêle depuis la masse centrale… Cela me rappelle la Face Nord des Grandes Jorasses avec ses trois grands éperons, mais cela en avait trois fois la taille et se trouvait beaucoup plus complexe.’

Bonington est retourné dans la face en 1970 au sein d’une grande expédition qui finira par porter Don Whillans et Dougal Haston, au sommet.

Steck et Bowie au camp en face Sud de l’Annapurna’s South Face. [Photo] Ueli Steck collection

Trois nouvelles lignes ont été ouvertes dans les années 80, toutes sur le plus petit des sommets, le sommet central (8061m). En 1981, une expédition polonaise de 9 membres établisait une ligne dans les 3000m de face de l’éperon le plus long et le plus à droite (1982 AAJ). Plus tard cette même année, une expédition japonaise portait Yukihiro Yanagisawa et Hiroshi Aota par une ligne directe entre les voies de 1970 et de 1981. Lors de la même expédition Haruyuki Endo et Yasuji Kato approchait du sommet quand Kato chuta mortellement. En 1984, les espagnols Nil Bohigasone et Enric Lucas finissait la ligne tentée par Alex MacIntyre et Rene Ghilini deux ans auparavant

A ce jour, la face Sud n’avait pas connu d’ascension en solo.
Ueli Steck s’y était frotté en 2007 avant de chuter de 300m après avoir été heurté par une chute de pierres. Steck essayait alors la voie tentée par, Jean-Christophe Lafaille et Pierre Beghin en 1992 et qui s’était soldée par la mort de Pierre et une descente épique, sans protection, de Jean-Christophe blessé .

Petit déjeuner pour Steck a 6100 meters. Il écrivait avant l’ascension, sur son blog, ‘Marcher dans la vie de manière confortable n’est toujours pas mon objectif. C’est pour cela que je veux tenter l’Annapurna pour la troisième fois. Je veux réaliser mes rêves et transformer mes visions en réalité. Annapurna est l’une d’entre elles.’ [Photo] Ueli Steck collection

Après sa chute en 2007, Ueli est retourné l’année suivante pour tenter une nouvelle voie, mais il dû renoncer au vue des conditions avalancheuses. C’est en retournant au camp de Base qu’il participa à la tentative de secours de Inaki Ochoa de Olza, qui décèdera finalement après 5 nuits de souffrances.

Après une expédition très polémique au printemps dernier sur l’Everest, qui s’était transformé en Pugilat avec Simone Moro et les sherpas, Ueli Steck était reparti le 15 septembre dernier en Himalaya pour une troisième tentative sur l’Annapurna.

Steck en phase d’acclimatation sur l’Annapurna. Dodo Kopold avait écrit en 2010 dans l’American Alpine Journal, ‘Les gens disent que l’Annapurna est dangereux par le Nord, Dangereux et Difficil par le Nord Ouest, et Pentu, Dangereux et Difficil par le Sud'[Photo] Ueli Steck collection

Après plusieurs mois d’acclimatation en compagnie du canadien Don Bowie, qui avait grimpé au Tibet avec Ueli Steck en 2011, les deux compères ont établi un camp de base avancé sur l’Annapurna.
L’itinéraire réalisé et les conditions de cette ascension ne sont pas encore claires.

Sources:
Traduction de l’article d’Alpinist,
swissinfo.ch, uelisteck.ch
Record de vitesse sur le Shisha Pangma (8013m) pour Ueli Steck
Vidéo : Ueli Steck, la machine suisse

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