Antarctique : un russe féru de lecture accusé de tentative de meurtre

La station de Bellingshausen

La saison des expéditions en Antarctique va débuter incessamment, mais au delà de la frénésie qui s’empare de l’Antartique à cette période de l’année, voici qu’un fait divers étrange nous parvient du continent glacé.

Un chercheur russe du nom de Sergey Savitsky est accusé de tentative de meurtre après avoir poignardé un collègue à la station Bellingshausen, un centre de recherche scientifique situé sur l’île King George, qui fait partie des îles Shetland qui longent la péninsule Antarctique.

La victime, le soudeur Oleg Beloguzov, âgé de 52 ans.

Le 9 octobre, l’ingénieur Sergey Savitsky, 55 ans, a poignardé le soudeur Oleg Beloguzov, âgé de 52 ans. “C’était une querelle en état d’ébriété. L’accusé, qui avait blessé son collègue, s’est rendu au chef de la base et a reconnu sa culpabilité. Plus tard, il a lui-même acheté un billet d’avion et s’est envolé pour Saint-Pétersbourg, où il a été arrêté par des forces de l’ordre” a déclaré une source proche des enquêteurs.

Syndrome de la dépression

La presse russe analyse l’incident de manière assez cocasse. Les deux hommes, qui ont passé quatre années dans cette station isolée, sont de férus lecteurs affirment certains articles. Sergey Savitsky aurait pris son collègue en grippe car Oleg Beloguzov lui racontait la fin des romans qu’il n’avait pas encore lus.

La station de Bellingshausen en été.

Il semble que Sergey Savitsky ait souffert d’une dépression mentale au cours d’un hiver très long et isolé qui s’achève maintenant dans l’Antarctique (oui, là bas, l’hiver c’est l’été chez nous). Cela a conduit à une agression à l’arme blanche.

La victime aurait été évacuée vers le Chili pour y recevoir des soins. Tout porte à croire qu’elle se remettra complètement de ses blessures et qu’elle est peut-être déjà rentrée en Russie.

Ce genre de tensions n’est pas rare dans ce genre de situation

La dépression qui a conduit à l’attaque a été attribuée à des tensions résultant d’un séjour prolongé dans un espace confiné. En d’autres termes, le fait d’être bloqué pendant des semaines en attendant la fin de l’hiver antarctique a fait perdre à Savitsky son calme. Et il a attaqué son coéquipier. Ce genre de tensions n’est pas rare dans ce genre de situation, bien que le recours à la violence soit plutôt rare.

La station de Bellingshausen

Pendant l’hiver austral, la plupart des stations de recherche de l’Antarctique gardent un effectif réduit pour s’assurer que la base reste fonctionnelle et bien entretenue jusqu’à la reprise des opérations entre novembre et janvier. Ceux qui ont passé la longue saison morte dans ce type de base vous diront que cela peut être une période très longue et difficile.

Les stations sont évidemment très isolées et les conditions météorologiques empêchent les hommes de sortir pendant une longue période de temps. Dans ce cas, l’isolement et la tension ont conduit à la violence, mais heureusement, il semble que toutes les personnes impliquées s’en sortiront. Il faudra attendre pour savoir si Savitsky est condamné à de la prison.

La station de Bellingshausen, à l’intérieur.

La station de Bellingshausen a été fondée par l’Union soviétique en 1968 et porte le nom de l’explorateur russe de l’Antarctique du XIXe siècle. En 2015, il y avait huit salariés et cinq spécialistes saisonniers. La base antarctique chilienne Frei est située à proximité de Bellingshausen.

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