Automne 2018 hostile dans l’Himalaya : news et anecdotes de petits succès et de grands échecs

Les polonais au Manaslu.

La majeure partie de la saison d’escalade automnale au Népal et au Tibet est déjà passée. La plupart des équipes d’alpinistes sont sur la voie du retour.

Depuis deux semaines, des dizaines de grimpeurs ont réussi le Manaslu, le Cho Oyu et le Shishapangma. Aujourd’hui, ces équipes rentrent chez elles.

Reste quelques news à partager.

Les polonais échouent au Manaslu, quid de la prépa du K2 en hivernal ?

ExWeb rapporte qu’une équipe polonaise sur le Manaslu a mis un terme à son ascension par la voie classique. Le groupe est resté sur la montagne longtemps après que les grandes expéditions commerciales aient terminé leurs expéditions et soient rentrées chez elles. Selon les autorités népalaises, plus de 220 grimpeurs étrangers ont atteint le sommet cet automne, mais les huit Polonais qui y étaient actuellement ne seront pas parmi eux.

Emmenés par Rafal Fronia, ils s’attaquaient à une voie créée en 1986 par leurs compatriotes Jerzy Kukuczka et Artur Hajzer. L’itinéraire devait culminer à la fois sur le Manaslu Est (7 992 mètres) et sur sommet principal à 8 163 m, et ce en une seule tentative.

Le groupe avait terminé les rotations d’acclimatation et établi trois camps, le plus haut à 7 200 mètres. Mais des conditions dangereuses ont contrecarré leurs projets sur les 900 derniers mètres.

“Au cours des trois derniers jours, plus d’un mètre de neige inattendue est tombé, ce qui a causé un risque élevé d’avalanche. Hier, une équipe a tenté pendant 15 heures d’atteindre le camp 2, avec plusieurs avalanches à proximité. Les grimpeurs ont trouvé le camp 2 complètement enseveli sous la neige et ils ont dû se retirer au camp 1 pour la nuit. Les prévisions annoncent des vents forts et de nouvelles précipitations abondantes. En conséquence, nous interrompons nos activités en montagne” a dit le responsable de l’expédition.

L’équipe utilisait cette expédition d’après mousson pour s’entraîner en vue d’une ascension hivernale K2 en 2019-2020.

Les derniers feux pour Carlos Soria

Sur le Dhaulagiri, la montagne est maintenant presque déserte. Les fortes chutes de neige et les mauvaises conditions météorologiques ont empêché les grimpeurs de s’acclimater convenablement au camp de base pendant une bonne partie de septembre.

Parmi ceux du Dhaulagiri qui ont été contraints d’abandonner leur tentative on trouvait l’Espagnol Carlos Soria. Il était sur la montagne pour la neuvième fois, luttant toujours pour atteindre le sommet. Il n’est pas certain que ce jeune homme de 79 ans aura un jour une autre chance d’escalader ce sommet insaisissable.

Il a pourtant 12 des 14 sommets de plus de 8.000 mètres sur son curriculum vitae (lire Carlos Soria, 77 ans et en route pour l’Annapurna et le Dhaulagiri), avec seulement le Dhaulagiri et le Shishapangma en attente. La plupart de ses parrains se sont retirés de l’expédition de l’automne, alors c’est peut-être son chant du cygne himalayen. Il faudra attendre le printemps pour voir s’il revient.

Pas de ski sur l’Annapurna pour Vitaly Lazo et Anton Pugovkin

Le Dhaulagiri n’est pas la seule montagne à avoir vu des alpinistes abandonner ces derniers jours. L’Annapurna n’a pas été tendre cet automne, et il était la cible des Russes Vitaly Lazo et Anton Pugovkin.

Le duo avait espéré atteindre le sommet et skier la montagne cet automne, mais une fois de plus, les mauvaises conditions météorologiques ont mis un terme à sa tentative. L’Annapurna est légendaire pour ses pentes dangereuses et cet automne a été particulièrement mauvais avec de fortes chutes de neige créant un risque d’avalanche. En conséquence, Lazo et Pugovkin ont annoncé qu’ils quittent la montagne et rentrent chez eux.

McGill Manaslu

La première sud africaine sur le Manaslu

En parlant du Manaslu (décidément un sommet lieu de toutes les surprises cette année), The Himalayan Times raconte l’histoire de Jeanette McGill, une géologue d’Afrique du Sud qui est devenue la première femme de son pays d’origine à atteindre ce sommet de 8.163 mètres. C’était son premier 8.000 mètres, mais il semble que ce ne sera pas le dernier. Peut-être verrons-nous McGill sur l’Everest au printemps prochain.

Un 6.000 inconnu dans la besace

ExWeb raconte aussi l’histoire d’une équipe d’alpinistes autrichiens qui a effectué la première ascension d’un sommet non nommé dans l’Himalaya indien. Le groupe était composé de Hansjörg Auer, Max Berger, Much Mayr et Guido Unterwurzacher.

Ils ont passé trois jours à escalader le sommet de 6.050 mètres après s’être acclimatés dans la région pendant plusieurs semaines. L’équipe a fait sa dernière poussée en style alpin, escaladant un mur de 3.200 mètres. Une fois au sommet, ils sont redescendu par le même chemin pour terminer leur aventure à la fin de la semaine dernière.

Autrichiens sur un nouveau 6000

Après des bivouacs à 4.000 et 5.000 mètres, ils ont atteint le sommet tôt le 5 octobre.

Hansjörg Auer a dit : “C’est toujours génial d’essayer un sommet vierge, et cette fois, chaque décision s’est avérée être la bonne.” Cette première ascension vient couronner une bonne année pour Hansjörg Auer. En juin, il a réalisé en solitaire la face ouest du Lupghar Sar West dans le Karakorum.

Enfin, il est à noter en lien avec les expéditions dans l’Himalaya que l’alpiniste Alan Arnette a subi un accident majeur lors d’un entraînement au Colorado. Au cours de cet accident, il s’est cassé la jambe, retardant son projet dans l’Himalaya. La route a été longue pour l’ancien vainqueur de l’Everest et du K2, mais il est finalement retourné au Népal, où il grimpera Island Peak au cours des deux prochaines semaines.

Des esprits chagrins diront que ce n’est pas grand chose. C’est un pas de géant sur la voie de sa guérison.

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