Test du baudrier Choucas light de Blue Ice

Pour ceux qui sont au gramme près

Si les contemporains de Rébuffat avaient connu nos polaires légères, nos mousquetons allégés, nos cordes fines et nos chaussures de montagne de moins de 1kg, ils auraient eu un regard amusé et perplexe sur l’alpinisme moderne. Et bien c’est regard qu’ont porté mes amis grimpeurs lorsque j’ai sorti de son étui le baudrier Choucas light. Il fallait passer outre cette impression de fragilité et donner de sa personne pour tester cet OVNI dans le monde du matériel de montagne.

Présentation

On a du mal à croire à un baudrier tant l’objet paraît succinct. Est-ce que 84g de ficelle vont pouvoir retenir une chute ? Franchement, là aussi on a du mal à y croire. Surtout quand la concurrence annonce fièrement que son baudrier ultra-léger pèse 150g, presque 2 fois plus ! Quant aux baudriers “normaux”, ils affichent entre 240 et 600g. On mesure le fossé. Pourtant, si l’aspect du Choucas light peut choquer il répond parfaitement aux normes de tous les autres baudriers.

84g en taille S, pas 1g de plus !
12cm x 9cm x 7cm, la place prise par le Choucas light dans son étui.

Malgré son dépouillement, le Choucas light regorge d’astuces. On peut l’enfiler comme un baudrier classique ou skis aux pieds car les boucles de cuisse sont détachables. La boucle qui ferme la ceinture se règle à la taille de l’usager. Cette boucle en plastique n’étant évidemment pas un élément de sécurité, c’est avec un double pontet (de part et d’autre de la ceinture) que l’on s’encorde et c’est peut-être le seul petit point faible du produit.

Usage

Soyons clair, le Choucas light, comme le montre l’étiquette de l’emballage, est avant tout un baudrier pour le ski et l’évolution sur glacier. Sa légèreté et sa finesse vont feront oublier que vous le portez. Il répond donc parfaitement à son objectif. Par ailleurs, même avec un poids réduit, il est pourvu de 2 portes matériels associés à 2 passants pour broche à glace.

Le passant pour broche, bien agréable.
La boucle de cuisse se dégrafe. On peut passer le baudrier skis aux pieds

Pour autant, on peut grimper et chuter avec le même risque que n’importe quel autre harnais puisqu’il répond à la norme 12277:2015 spécifique aux baudriers (J’avoue avoir chercher cette information sur la notice). C’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour vérifier le comportement du produit en situation d’escalade (non sans un peu d’appréhension). Et là surprise : si on ne trouve pas le confort d’un harnais matelassé, on peut rester pendu dans celui-là sans avoir le dos cisaillé. Quant à la chute, la ceinture est juste assez large pour ne pas faire mal au dos. Cela signifie qu’on peut très bien utiliser ce baudrier pour des itinéraires d’alpinisme demandant un peu de technicité (l’arête du Moine à l’Aiguille Verte voire même l’arête de l’Innominata au Mont-Blanc par exemple). Il est donc plus polyvalent que ne le laisse croire son aspect.

L’encordement doit se faire sur les deux pontets.

J’ai particulièrement aimé

  • Ben, le poids et l’encombrement. Il n’y a pas mieux.
  • Les passants pour broche à glace. Même en concevant au plus léger Blue ice s’est permis un accessoire bien agréable.
  • La notice hyper claire et concise.

J’ai moins aimé

  • Le double-pontet pas hyper pratique et sujet à faire travailler un mousqueton dans le mauvais sens. Cela a aussi tendance à augmenter le risque de mauvaises utilisation (encordement sur un seul pontet par exemple).
  • La sensation d’être attaché à rien mais ce ne sera plus un soucis pour la génération suivante.

Verdict

Soyons clair, même s’il répond à la norme des baudriers d’escalade, le Choucas light n’est pas un harnais d’escalade. Ce baudrier a été conçu pour l’alpinisme (s’il y a pas ou peu de longueurs de grimpe) et le ski de montagne. Associé à tout un ensemble de matériels très légers, il est cohérent pour pratiquer l’alpinisme avec un soucis du poids et/ou de rapidité. C’est d’ailleurs pour cette raison que A.Bargiel, qui a descendu le K2 intégralement à ski l’avait choisi. Ce type de matériel annonce, à mon avis, l’avenir de l’alpinisme dans lequel le poids du matériel ne sera plus une contrainte.

Blue Ice, entreprise chamoniarde qui vient d’ouvrir un bureau d’étude aux US (avec des ingénieurs de Black Diamond) va, dans les 5 ans à venir, venir chasser sur les terres des leaders du marché des mousquetons et autres pièces métalliques. On peut donc s’attendre à pas mal d’innovations dont on ne manquera pas de parler ici.

Pour aller plus loin :

Blue Ice Warthog 28L

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